Le système endocannabinoïde.

Le système endogène cannabinoïde (SEC) a été découvert dans les années 1990 lors d’une étude concernant les effets du THC sur le cerveau. On le retrouve chez tous les mammifères vivants de la planète.
Celui-ci influence et régule une grande partie de notre corps, de notre système nerveux et de notre système immunitaire.
Nous allons donc vous expliquer ce que la science à découvert depuis 30 ans et ce qu’il reste à explorer. Nous allons voir de quels éléments le SEC est constitué puis nous verrons comment il fonctionne et quels impacts il a sur notre corps pour nous demander en quoi sa compréhension pourrait permettre d’améliorer nos vies et de soigner certaines pathologies.

Histoire du SEC.

C’est le chercheur israélien Raphael Mechoulam qui lors de sa découverte du THC en 1963 émet l’hypothèse que le corps semble réaliser de manière autonome l’action constatée avec le phytocannabinoïde. La question était de savoir si le corps produit des cannabinoïdes en interne?
C’est seulement en 1988 que le premier élément de réponse est donné avec la découverte d'un récepteur endocannabinoïde qui est clairement identifié et qui est alors appelé CB1.
En 1992 on identifie enfin un endocannabinoïde l’anandamide : la molécule du bonheur, le  mot  ananda en sanskrit (langue sacrée de l'Inde) signifie félicité, état de pur bonheur.
En 1993 on découvre un second récepteur que l’on nomme CB2 puis en 1995 une équipe de chercheur met en évidence un deuxième endocannabinoïde le 2-AG.

Depuis la recherche continue et les découvertes s’enchaînent…

Le SEC : une influence sur la totalité du corps humain.

Le SEC c’est à la fois : un réseau de récepteurs cellulaires disséminés dans l’ensemble de notre organisme mais aussi des molécules produites  par notre corps appelées endocannabinoïdes et des enzymes qui activent des réactions chimiques ayant un impact physiologique. Nous allons lister l’ensemble des acteurs du SEC puis nous décrirons leurs rôles respectifs.

On distingue 3 types de cannabinoïdes qui sont capables d’interagir avec ce réseau de récepteurs membranaires et de les déverrouiller comme une véritable clef :

  • Les endocannabinoïdes qui sont produits par notre corps (endogènes) et cannabinoïdes pour rendre hommage à la plante qui a permis leur découverte.
  • Les phytocannabinoïdes, phyto (plante), donc que l’on retrouve principalement dans le cannabis sativa
  • Les cannabinoïdes synthétiques qui eux sont produits en laboratoires.

On distingue 2 types de récepteurs :

  • Les récepteurs CB1 (type-1 cannabinoid receptor) principalement localisés dans le cerveau, les neurones et le système nerveux central.
  • Les récepteurs CB2 (type-2 cannabinoid receptor) qui sont plutôt présents dans le système nerveux périphérique et dans les cellules immunitaires.

Les endocannabinoïdes ou médiateurs lipidiques principaux identifiés sont :

  • L’anandamide (AEA) ou hormone du bonheur qui est proche du THC. On en connaît 3 à ce jour.
  • Le 2 AG (2 arachidonylglycerol). On en connaît 2 à ce jour.

Les enzymes métaboliques que l’on a pu trouver à aujourd’hui sont :

  • L’hydrolase des amides des acides gras (FAAH) qui synthétise ou génère la décomposition de l’anandaminde.
  • La monoacylglycerol lipase (MAGL) qui synthétise ou dégrade le 2AG

 

     

    Quel est le rôle de chacun de ces composés dans le SEC?

    Les endocannabinoïdes (anandamine et 2AG) sont donc produits naturellement par notre corps à la suite d’un stimulus (stress, contusion, douleur, tension musculaire…). Ils agissent comme des neurotransmetteurs et viennent se greffer aux récepteurs membranaires (CB1 / CB2) situés dans le cerveau et dans un grand nombre de nos organes et cellules immunitaires pour produire une réaction biologique. Pour prendre une image simple, chaque récepteur est un cadenas qui ne peut être déverrouillé qu’à l’aide d’un code spécifique transmis par les endocannabinoïdes.
    Ils peuvent être produits en réponse à des agressions extérieure ou à des manques afin de maintenir l’équilibre général de notre enveloppe. On dit que le SEC est un système pro-homéostasique.

    Les enzymes ont ensuite une double fonction, à la fois de synthétiser puis de détruire les endocannabinoïdes une fois qu’ils ont produit leurs effets physiologiques et que leur travail est terminé. Les enzymes agissent comme des régulatrices. Les endocannabinoïdes ne sont pas stockés et sont donc produits à la demande puis dégradés.

    A quoi sert le SEC?

    Le SEC permet ainsi de maintenir l’équilibre général de notre organisme appelé aussi homéostasie. Dès lors qu’un manque est identifié des endocannabinoïdes sont produits, libérés et vont se greffer sur les récepteurs qui en ont besoin pour produire une réponse cellulaire à un endroit précis. On peut considérer le SEC comme un régulateur des processus physiologiques essentiels.

    Chaque endocannabinoïde est ce qu’on appelle un ligant qui va venir se connecter aux récepteurs CB1 et CB2 avec plus au moins d’intensité et dans différentes parties très précises et localisées de nos organes, de nos cellules. L’anandamide et le 2 AG se connectent tous deux aux récepteurs CB1 et CB2 situés en périphérie de nos cellules l’anandamide à une correspondance forte avec le récepteur CB1 tout comme le THC, le 2-AG a plus d'affinités avec le CB2 comme le cannabidiol.

    Quels sont les effets potentiels du SEC sur notre organisme?

    Comme on l’a vu le réseau de récepteurs est étendu à l’ensemble de notre corps et des réponses très spécifiques sont apportées aux agressions extérieures comme le stress par exemple. Les fonctions du SEC sont donc très variées et malgré son apparente simplicité (2 récepteurs et 2 clefs) il couvre un ensemble si vaste que l’on a à ce jour beaucoup de mal à le déchiffrer et à l’appréhender étant donné son extrême complexité. Nous avons listé une infime partie de son influence potentielle :

    • Entretien des différents équilibres du corps.
    • Maintient du système nerveux central et du système immunitaire.
    • Régulation de l’appétit.
    • Régulation et gestion du stress et des émotions.
    • Rôle anti-inflammatoire.
    • Régulation du métabolisme.
    • Implication dans le système reproductif.
    • Implication dans le système digestif.
    • Régulation de la température.

    On a pu constater une augmentation d’activité du système endocannabinoïde et des perturbations lors de pathologies variées telles que les maladies inflammatoires par exemple, ce qui pourrait vouloir dire qu’il déclenche une réponse spécifique pour ces pathologies. Ces variations des niveaux d’endocannabinoïdes sont pour l’heure difficiles à expliquer et à anticiper. Les études sur le SEC sont nombreuses et les découvertes scientifiques sont fréquentes. Récemment une équipe de chercheurs a pu mettre en évidence l’existence d’un nouveau réseau de récepteurs beaucoup plus grand et intégrant le SEC : l’endocannabinoïdome. Au sein de ce système les chercheurs ont localisé de nouveaux récepteurs et de nouveaux ligants : les endocannabinoïdes-like. Ils sembleraient être proches de l’anandamide et du 2-AG mais seraient bien plus nombreux.

    Ou se situent les récepteurs CB1 et CB2 ? 

    CB1 CB2  CB1 + CB2
    - Cerveau
    - Moelle épinière
    - Muscles
    - Système digestif
    - Système uro-génital
    - Intestins 
    - Os 
    - Rate 
    - Système immunitaire
    - Pancréas
    - Foie
     

     

     

    Quelle est l’influence des phytocannabinoïdes sur le SEC ?

    Les phytocannabinoïdes sont très proches de leurs cousins endogènes et c’est d’ailleurs ce qui leur permet d’interagir avec ces récepteurs membranaires CB1 et CB2.

    Le THC va se lier particulièrement bien avec le récepteur CB1, c’est en se liant avec celui-ci qu’il  provoque un effet planant, parfois une altération de la mémoire à court terme, de la perception du temps, une hausse de la sensation de bien-être, de l’euphorie, des angoisses… 

    Le CBD lui est plutôt compatible avec le récepteur CB2, mais le CBD ne va pas se lier directement aux récepteurs pour les déverrouiller et provoquer une réaction biologique. Il va plutôt booster les récepteurs et les endocannabinoïdes pour intensifier les réponses aux sensations de tensions, de stress ou aux douleurs par exemple.

    C’est une des différences majeures entre les cannabinoïdes externes que sont le CBD et le THC, c’est certainement aussi pour cela que le CBD n’a pas d’effets intoxicants.

    Il est à noter que les cannabinoïdes externes tels que le THC vont être plus longs à être éliminés que les médiateurs lipidiques produits naturellement (anandamide et 2-AG). En effet, les enzymes responsables de la dégradation mettent plus de temps à faire disparaître les phytocannabinoïdes.

    Grâce au rôle qu’il joue au sein du SEC le CBD va pouvoir avoir un effet relaxant, antistress, anti-inflammatoire, il va aider à l’endormissement, il va permettre une meilleure récupération musculaire mais sans provoquer d’effets secondaires indésirables ou de sensations de manque.

    D’autre part cette piste est à confirmer mais il semblerait que le CBD contrebalance l’effet négatif du THC grâce à son effet d’entourage. L’effet d’entourage étant l’influence positive supposée des cannabinoïdes les uns sur les autres. Selon cette théorie on considère que l’association des cannabinoïdes entre eux améliore leur efficacité générale et compense leurs effets négatifs. C’est la raison pour laquelle une huile full Spectrum est supposée plus efficace qu’une huile contenant une seule molécule isolée. 

    Enfin il est aussi important d'expliquer que les réactions physiologiques seront différentes en fonction des individus. En effet même si le système de fonctionnement du SEC est identique pour tous chaque individu produit une quantité plus ou moins grande d'endocannabinoïdes. Il peut donc y avoir des différences de sensibilité d'un individu à l'autre.

    Après nous être intéressé aux deux principaux types de cannabinoïdes connus nous allons maintenant voir ce qu'il en est des cannabinoïdes de synthèse.

    Les cannabinoïdes de synthèse :

    Les cannabinoïdes de synthèse sont produits en laboratoire et ils mimétisent l’action du THC ou d’autres cannabinoïdes en parvenant à se connecter aux récepteurs membranaires. Ce type de cannabinoïdes a été créé et développé pour faire avancer la recherche, améliorer les traitements, produire de nouveaux médicaments pouvant apporter des réponses ciblées à des pathologies lourdes telles que les douleurs chroniques.

    En conclusion le système endocannabinoïde est une véritable boîte de pandore qui si elle est utilisée à bon escient pourrait faire progresser la médecine et solutionner de nombreux problèmes liés à notre quotidien en améliorant notre qualité de vie. La science continue ses avancées, le chanvre n'a pas fini de nous surprendre.